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Vente d'un bien en indivision : droits et déblocage sans accord unanime
Nul ne peut être contraint de rester dans l'indivision. Si les coindivisaires bloquent la vente, la loi offre des solutions : la règle des 2/3 des droits indivis permet de forcer la vente depuis 2006, et tout indivisaire peut saisir le tribunal judiciaire pour demander le partage ou la licitation judiciaire. Ces droits sont garantis par l'article 815 du Code civil.
Règles de l'indivision selon le type d'acte (Code civil)
| Type d'acte | Règle applicable | Texte |
|---|---|---|
| Actes de gestion courante (entretien, location) | Majorité des 2/3 des droits indivis | Art. 815-3 Code civil |
| Actes de disposition (vente du bien entier) | Unanimité — sauf règle des 2/3 depuis 2006 | Art. 815-3 Code civil |
| Vente par les 2/3 sans accord unanime | Notification préalable aux autres par huissier | Art. 815-3 al. 4 Code civil |
| Action en partage judiciaire | Tout indivisaire peut l'exercer à tout moment | Art. 815 Code civil |
| Droit de préemption (cession quote-part) | 1 mois pour exercer après notification huissier | Art. 815-14 Code civil |
Questions fréquentes — Indivision et vente d'un bien commun
En principe, la vente d'un bien indivis requiert l'unanimité des indivisaires (Art. 815-3 Code civil). Cependant, depuis la loi du 23 juin 2006, les indivisaires représentant au moins les 2/3 des droits indivis peuvent procéder à la vente sans accord unanime, à condition d'en informer les autres par acte d'huissier. Si les 2/3 ne sont pas réunis, tout indivisaire peut saisir le tribunal judiciaire pour demander une autorisation judiciaire de vente (action en licitation).
Art. 815-3 Code civil — Loi n° 2006-728 du 23 juin 2006L'action en partage (Art. 815 Code civil) permet à tout indivisaire de demander en justice la sortie de l'indivision à tout moment : « nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision ». Le juge peut ordonner le partage en nature (attribution de lots distincts à chaque indivisaire), la licitation (vente aux enchères) si le bien est indivisible, ou un partage combiné. La procédure est formée devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble.
Art. 815, 816 Code civilLorsqu'un indivisaire souhaite céder sa quote-part à un tiers extérieur à l'indivision, les autres indivisaires bénéficient d'un droit de préemption (Art. 815-14 Code civil). Le vendeur doit les informer par acte d'huissier du prix et des conditions envisagés. Les autres indivisaires disposent d'un délai d'un mois pour exercer ce droit et racheter la quote-part au même prix. Ce droit permet d'éviter l'entrée d'un tiers inconnu et de préserver la stabilité de l'indivision.
Art. 815-14 Code civilLa licitation judiciaire est la vente aux enchères d'un bien indivis ordonnée par le juge lorsque le partage en nature est impossible (bien immobilier non divisible) ou que les indivisaires ne parviennent pas à un accord. Le produit de la vente est ensuite réparti entre les indivisaires au prorata de leurs droits indivis. Les indivisaires ont le droit d'enchérir lors de la licitation pour racheter le bien. Elle est généralement moins avantageuse qu'une vente amiable car le prix d'adjudication peut être inférieur au marché.
Art. 815, 1686 Code civil — Art. L322-1 CPCEUne convention d'indivision (Art. 1873-1 Code civil) est un accord écrit entre les indivisaires organisant la gestion du bien commun : répartition des charges, désignation d'un gérant, conditions d'utilisation du bien, modalités de sortie de l'indivision. Elle peut être conclue pour une durée de 5 ans renouvelables. Elle doit être rédigée par acte notarié si elle concerne un bien immobilier. Elle permet d'anticiper les conflits et d'éviter les blocages en fixant des règles claires acceptées par tous.
Art. 1873-1, 1873-2 Code civilAprès un divorce, chaque ex-époux peut demander le partage des biens en indivision (Art. 815 Code civil). Si un accord amiable est impossible, le juge aux affaires familiales peut être saisi. Après un décès, les héritiers sont en indivision successorale : ils peuvent partager à l'amiable (acte notarié), désigner un notaire-liquidateur, ou saisir le tribunal judiciaire en cas de blocage. Un avocat spécialisé est recommandé dans les deux cas pour sécuriser la procédure et préserver les intérêts de chacun.
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⚠️ Les informations sont générales et basées sur le Code civil et la loi du 23 juin 2006 portant réforme des successions en vigueur. Elles ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un notaire ou un avocat spécialisé pour votre situation d'indivision.