💻 Droits numériques
Deepfake : recours légaux en France pour image ou vidéo truquée
Le deepfake consiste à créer une image ou vidéo réaliste mais truquée en utilisant l'intelligence artificielle. Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, la France dispose d'un délit spécifique de « hypertrucage » (articles 226-8 et 226-8-1 du Code pénal), auquel s'ajoutent d'autres infractions existantes selon les cas : atteinte à l'image, diffamation, revenge porn, escroquerie.
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Un deepfake non consenti constitue en France un délit d'hypertrucage (art. 226-8 et 226-8-1 Code pénal, loi SREN du 21 mai 2024), ainsi qu'une atteinte au droit à l'image (art. 9 Code civil) et, selon son contenu, une diffamation (art. 29 loi 1881). La victime peut demander le retrait d'urgence et obtenir des dommages-intérêts.
Qualifications pénales applicables aux deepfakes
| Type de deepfake | Qualification pénale | Peine maximale |
|---|---|---|
| Deepfake à caractère sexuel non consenti | Art. 226-8-1 Code pénal | 2 à 3 ans / 60 000–75 000 € |
| Deepfake général non consenti (hors sexuel) | Art. 226-8 Code pénal | 1 à 2 ans / 15 000–45 000 € |
| Deepfake diffamatoire | Art. 29 Loi du 29 juill. 1881 | 1 an / 45 000 € |
| Deepfake injurieux | Art. 33 Loi 1881 | 3 mois / 12 000 € |
| Deepfake escroquerie (faux dirigeant) | Art. 313-1 Code pénal | 5 ans / 375 000 € |
| Deepfake electoral (désinformation) | Art. L97 Code electoral | 1 an / 15 000 € |
Questions fréquentes
Procédure d'urgence en parallèle :
- Signalez directement sur la plateforme hébergeant le contenu
- Utilisez le formulaire de retrait Google Images (suppression.google.com)
- Saisissez la CNIL si la plateforme ne répond pas (traitement en 72h pour cas graves)
- En France, les plateformes VLOP (Very Large Online Platforms) doivent traiter les signalements et retirer les contenus manifestement illicites de façon diligente et proportionnée — le règlement DSA n'impose pas de délai fixe de 24h pour ce type de contenu (seul le contenu à caractère terroriste est soumis à un retrait sous 1h, en vertu d'un règlement distinct)
- Saisissez le TJ en référé d'heure en heure pour injonction de retrait si nécessaire
Oui. La loi SREN du 21 mai 2024 (Sécuriser et réguler l'espace numérique) a créé un délit spécifique de « hypertrucage » aux articles 226-8 et 226-8-1 du Code pénal, applicable à tout deepfake diffusé sans le consentement de la personne représentée. Elle impose aussi aux plateformes l'étiquetage des contenus générés par IA. Le règlement européen AI Act complète ce dispositif : depuis le 2 août 2026, tout deepfake diffusé doit être signalé comme généré ou manipulé artificiellement.
Loi 2024-449 du 21 mai 2024 (SREN) ; Règlement UE 2024/1689 (AI Act)Oui. Un deepfake pornographique non consenti peut être poursuivi sous l'article 226-8-1 du Code pénal (hypertrucage à caractère sexuel, loi SREN du 21 mai 2024), qui s'applique dès lors que le contenu synthétique représente de manière réaliste une personne identifiable dans une situation à caractère sexuel sans son consentement. Déposez plainte avec les preuves (screenshots, URL) au commissariat ou en gendarmerie.
Art. 226-8-1 Code pénal ; Loi 2024-449 du 21 mai 2024 (SREN)Oui. Sur le fondement de l'atteinte au droit à l'image (art. 9 Code civil) et du préjudice moral, les tribunaux accordent des dommages-intérêts. Les montants varient de 3 000 € à plus de 50 000 € selon la gravité, la diffusion et les répercussions professionnelles et psychologiques. Les sociétés de deepfake escroquerie peuvent être condamnées à des montants bien supérieurs.
Art. 9 Code civil ; Art. 1240 Code civilLes outils eux-mêmes ne sont pas illégaux. En revanche, leur utilisation pour créer des deepfakes non consentis l'est. Depuis le 2 août 2026, l'AI Act européen impose à celui qui diffuse un deepfake d'indiquer que le contenu a été généré ou manipulé artificiellement (art. 50 du règlement UE 2024/1689) — cette obligation vise le déployeur, quel que soit le niveau de risque du système utilisé. En matière électorale, la manipulation de l'opinion par des procédés frauduleux est par ailleurs réprimée par le Code électoral.
Règlement UE 2024/1689 (AI Act) ; Art. L97 Code électoralLa preuve peut être établie par :
- Expertise d'un spécialiste en forensic numérique (analyse des métadonnées, artefacts IA)
- Rapport d'analyse d'un laboratoire spécialisé (INRIA, prestataires certifiés)
- Témoignage de spécialistes en intelligence artificielle
- Analyse des timestamps et sources de l'image
- Le tribunal peut ordonner une expertise judiciaire si nécessaire
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✍️ Rédigé par l'IA Jurida à partir des textes officiels Légifrance — méthodologie de vérification. Publié le 26 avril 2026. Modifié le 2 août 2026.
⚠️ Les informations présentées sont générales et basées sur les textes en vigueur. Elles ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat pour votre situation spécifique.