💻 Droits numériques

Deepfake : recours légaux en France pour image ou vidéo truquée

Le deepfake consiste à créer une image ou vidéo réaliste mais truquée en utilisant l'intelligence artificielle. Bien qu'il n'existe pas encore de texte pénal spécifique au deepfake en droit français, plusieurs infractions existantes permettent de poursuivre ses auteurs : atteinte à l'image, diffamation, revenge porn, escroquerie.

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Réponse rapide

Un deepfake non consenti constitue en France une atteinte au droit à l'image (art. 9 Code civil) et, selon son contenu, un délit de diffusion d'image intime sans consentement (art. 226-2-1 Code pénal) ou de diffamation (art. 29 loi 1881). La victime peut demander le retrait d'urgence et obtenir des dommages-intérêts. La loi du 21 mai 2024 renforce ces protections.

96 %Des deepfakes en ligne sont à caractère pornographique non consentis
24hDélai légal de retrait pour les grandes plateformes (DSA)
5 ansPrescription pénale pour atteinte à l'image

Qualifications pénales applicables aux deepfakes

Type de deepfakeQualification pénalePeine maximale
Deepfake pornographique non consentiArt. 226-2-1 Code pénal2 à 3 ans / 60 000–75 000 €
Deepfake diffamatoireArt. 29 Loi du 29 juill. 18811 an / 45 000 €
Deepfake injurieuxArt. 33 Loi 18813 mois / 12 000 €
Deepfake escroquerie (faux dirigeant)Art. 313-1 Code pénal5 ans / 375 000 €
Deepfake electoral (désinformation)Art. L97 Code electoral1 an / 15 000 €

Source : Art. 226-2-1 Code pénal ; Loi 1881 sur la presse ; Règlement DSA 2022/2065.

Questions fréquentes

Procédure d'urgence en parallèle :

  • Signalez directement sur la plateforme hébergeant le contenu
  • Utilisez le formulaire de retrait Google Images (suppression.google.com)
  • Saisissez la CNIL si la plateforme ne répond pas (traitement en 72h pour cas graves)
  • En France, les plateformes VLOP (Very Large Online Platforms) doivent retirer sous 24h
  • Saisissez le TJ en référé d'heure en heure pour injonction de retrait si nécessaire
Règlement UE DSA (2022/2065), Art. 16 et 17

Il n'existe pas encore de texte pénal spécifique 'deepfake' en France au 1er janvier 2026. La loi du 21 mai 2024 (SREN — Sécuriser et réguler l'espace numérique) a renforcé les outils contre les contenus synthétiques non consentis, notamment en imposant aux plateformes l'étiquetage des contenus générés par IA. Des travaux législatifs européens (AI Act) prévoient des dispositions spécifiques.

Loi 2024-449 du 21 mai 2024 (SREN) ; Règlement UE 2024/1689 (AI Act)

Oui. Un deepfake pornographique non consenti peut être poursuivi sous l'article 226-2-1 du Code pénal (image intime sans consentement), qui s'applique même lorsque l'image est synthétique dès lors qu'elle représente de manière réaliste une personne identifiable dans une situation à caractère sexuel. Déposez plainte avec les preuves (screenshots, URL) au commissariat ou en gendarmerie.

Art. 226-2-1 Code pénal ; Circulaire du 3 août 2018

Oui. Sur le fondement de l'atteinte au droit à l'image (art. 9 Code civil) et du préjudice moral, les tribunaux accordent des dommages-intérêts. Les montants varient de 3 000 € à plus de 50 000 € selon la gravité, la diffusion et les répercussions professionnelles et psychologiques. Les sociétés de deepfake escroquerie peuvent être condamnées à des montants bien supérieurs.

Art. 9 Code civil ; Art. 1240 Code civil

Les outils eux-mêmes ne sont pas illégaux. En revanche, leur utilisation pour créer des deepfakes non consentis l'est. Depuis l'AI Act européen (applicable depuis août 2024), les systèmes IA à risque élevé sont soumis à des obligations de transparence et d'étiquetage. Les deepfakes créés à des fins de désinformation électorale sont explicitement interdits.

Règlement UE 2024/1689 (AI Act) ; Art. L97 Code électoral

La preuve peut être établie par :

  • Expertise d'un spécialiste en forensic numérique (analyse des métadonnées, artefacts IA)
  • Rapport d'analyse d'un laboratoire spécialisé (INRIA, prestataires certifiés)
  • Témoignage de spécialistes en intelligence artificielle
  • Analyse des timestamps et sources de l'image
  • Le tribunal peut ordonner une expertise judiciaire si nécessaire
Art. 145 CPC (expertise judiciaire)

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⚠️ Les informations présentées sont générales et basées sur les textes en vigueur. Elles ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat pour votre situation spécifique.