⚖️ Droit du travail

Harcèlement sexuel au travail : procédure et recours

Le harcèlement sexuel au travail est doublement sanctionné : pénalement (art. 222-33 Code pénal) et civilement devant le conseil de prud'hommes. L'employeur a une obligation légale de prévention et de protection renforcée depuis la loi Rebsamen 2015.

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Réponse rapide

Le harcèlement sexuel au travail est puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (art. 222-33 Code pénal). La victime peut agir simultanément au pénal et aux prud'hommes. L'employeur a une obligation de résultat : tout manquement engage sa responsabilité, même s'il n'était pas au courant des faits.

3 ansEmprisonnement maximum — art. 222-33
45 000 €Amende pénale maximale
5 ansDélai de prescription pénale

Voies de recours disponibles

Voie de recoursInstance compétenteDélai pour agir
Plainte pénaleCommissariat / Parquet5 ans (prescription)
Action prud'homaleConseil de prud'hommes2 ans (action en exécution du contrat)
Saisine Défenseur des droitsDéfenseur des droits (gratuit)Aucun délai légal
Signalement interneRéférent harcèlement de l'entrepriseImmédiat (recommandé en premier)

Source : Art. 222-33 Code pénal ; Art. L1153-1 à L1153-6 Code du travail ; Loi 2012-954.

Questions fréquentes

Le harcèlement sexuel est défini à l'art. L1153-1 du Code du travail et à l'art. 222-33 du Code pénal. Il couvre :

  • Propos ou comportements répétés à connotation sexuelle ou sexiste
  • Pression grave exercée même en une seule fois en vue d'obtenir un acte sexuel
  • Messages écrits, SMS, e-mails à caractère sexuel non sollicités
  • Gestes, regards insistants ou contacts physiques non consentis
Art. 222-33 Code pénal ; Art. L1153-1 Code du travail

La preuve est libre en matière prud'homale. Rassemblez :

  • Captures d'écran de messages, e-mails, SMS
  • Journal de bord daté et horodaté des incidents
  • Témoignages de collègues (attestations sur l'honneur)
  • Certificats médicaux (médecin traitant, médecin du travail)
  • Tout refus d'avancement ou sanction intervenu après le refus
Art. L1154-1 Code du travail (aménagement de la charge de la preuve)

L'employeur a une obligation de résultat en matière de prévention :

  • Désigner un référent harcèlement sexuel (entreprises ≥ 250 salariés)
  • Afficher le texte de la loi et les coordonnées du Défenseur des droits
  • Prendre des mesures immédiates dès connaissance des faits
  • Protéger la victime de toute mesure de représailles
  • Sanctionner l'auteur jusqu'au licenciement pour faute grave
Art. L1153-5, L1153-6 Code du travail

Non. Tout licenciement ou sanction prononcé suite à un signalement de harcèlement sexuel est nul de plein droit (art. L1153-3 Code du travail). La victime peut demander sa réintégration ou des dommages-intérêts devant le CPH. Ce mécanisme protège également les témoins ayant relaté les faits de bonne foi.

Art. L1153-3, L1153-4 Code du travail

Les dommages-intérêts sont souverainement appréciés par le conseil. En pratique, les juges accordent entre 3 et 24 mois de salaire selon la gravité, la durée et les séquelles. Si le licenciement est nul pour cause de représailles, la victime peut obtenir en plus l'indemnité légale de licenciement et les salaires non perçus.

Art. L1235-3-1 Code du travail ; Barème Macron non applicable ici

Oui, les deux procédures sont indépendantes et peuvent être menées simultanément. La condamnation pénale n'est pas requise pour obtenir gain de cause aux prud'hommes. En revanche, une relaxe pénale ne clôt pas automatiquement l'action civile, car les standards de preuve diffèrent.

Cass. soc., 8 juill. 2020, n° 18-23.742

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