⚖️ Droit du travail
Accident de trajet : indemnisation et droits du salarié
L'accident de trajet est reconnu par l'article L411-2 du Code de la sécurité sociale. Il bénéficie d'un régime similaire mais non identique à l'accident du travail : indemnisation à 60 % du salaire les 28 premiers jours, puis 80 %. La protection contre le licenciement est toutefois moins absolue qu'en accident du travail.
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Un accident survenant sur le trajet direct entre le domicile et le lieu de travail est un accident de trajet (art. L411-2 CSS). Il ouvre droit à des indemnités journalières majorées (60 % puis 80 % du salaire journalier de base), à la prise en charge des soins à 100 %, et à une rente en cas d'incapacité permanente. Le salarié n'est pas protégé contre le licenciement comme en accident du travail.
Comparaison accident de trajet vs accident du travail
| Critère | Accident de trajet | Accident du travail |
|---|---|---|
| Indemnités journalières | 60 % (J1-28), 80 % après | 60 % (J1-28), 80 % après |
| Soins médicaux | 100 % sans avance | 100 % sans avance |
| Protection contre licenciement | Partielle (pas de protection absolue) | Absolue pendant AT |
| Faute inexcusable de l'employeur | Non applicable | Applicable |
| Déclaration délai | 24h par le salarié + 48h par employeur | 48h par employeur |
Questions fréquentes
Le trajet protégé est le trajet normal entre :
- Le domicile principal ou secondaire (résidence habituelle)
- Le lieu de travail (siège, chantier, mission)
- Le lieu de restauration habituel (cantine, restaurant le midi)
- Tout détour 'commandé par les nécessités essentielles de la vie' : médecin, école des enfants, pharmacie
Procédure en 3 étapes :
- Informer votre employeur dans les 24 heures (par écrit recommandé)
- Consulter un médecin qui établit un certificat médical initial (en 2 exemplaires)
- Envoyer le certificat médical à votre CPAM dans les 24h — votre employeur déclare l'AT à la CPAM sous 48h
Contrairement à l'accident du travail, l'accident de trajet ne confère pas de protection absolue contre le licenciement. L'employeur peut licencier le salarié pendant son arrêt pour motif réel et sérieux non lié à l'accident. En revanche, tout licenciement prononcé en raison de l'accident lui-même serait nul. La distinction est souvent contestée en prud'hommes.
Art. L1226-9 (AT) vs Art. L411-2 CSS — différence de régimeEn cas de séquelles permanentes après consolidation, une rente est versée si le taux d'incapacité permanente (IPP) est ≥ 10 %. Si IPP < 10 %, un capital est versé. Le taux est fixé par le médecin conseil de la CPAM. En cas de désaccord, vous pouvez demander une expertise médicale contradictoire.
Art. L434-1 à L434-3 Code de la sécurité socialeOui. La CPAM dispose de 30 jours pour instruire le dossier et peut refuser si elle estime que le trajet n'était pas direct ou comportait un détour non justifié. En cas de refus, vous pouvez saisir la Commission de recours amiable (CRA) dans les 2 mois, puis le Pôle social du tribunal judiciaire.
Art. L412-1 CSS ; Art. R441-14 CSSOui. L'employeur peut émettre des réserves auprès de la CPAM dans le délai d'instruction, et contester la reconnaissance devant la Commission de recours amiable puis en justice. Si la CPAM reconnaît l'accident malgré les réserves, la décision lui est inopposable uniquement si elle n'a pas respecté le contradictoire lors de l'instruction.
Cass. civ. 2e, 15 janv. 2015, n° 13-27.764Un doute sur votre cas précis ?
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